Gérer le risque avec un groupe solide

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Gestion du risque les volontaires
A la CUMA des Volontaires (44), on est en pleine transition vers l’autonomie fourragère. Pour l’atteindre, cinq adhérents ont décidé d’investir dans un séchoir en grange et une presse communs, inaugurés en juin 2019. Samuel Retière, président de la CUMA, témoigne.

Quels risques la création de ce séchoir a-t-elle représentés ?

« Premièrement, un risque financier de plus d’un million d’euros. En investissant autant, on savait qu’il faudrait maintenir une bonne production de lait. Ce projet représente aussi du temps de travail supplémentaire pour la surveillance du séchoir, les manipulations de foin, la gestion des problèmes techniques. Je n’ai pas calculé mais je dirais que mon temps de travail a augmenté d’un tiers pour cette première année. La phase de lancement est aussi risquée, surtout pour respecter les délais : la conception s’est très bien passée, par contre le raccordement à l’électricité par EDF a été long, le maire a dû intervenir. Le fournisseur du dessiccateur (qui déshumidifie l’air du séchoir) a aussi fait des erreurs dans le montage des pièces, il n’a pas su lancer la machine à temps. Nous avons perdu 120 tonnes de foin soit 20 000 €. Il faut bien faire attention à la fiabilité des fournisseurs en amont ! »

Comment avez-vous géré ces risques, ces difficultés ?

« Au niveau financier, la banque nous a bien suivis, nous a accordé des rallonges, ce qui est rassurant. Nous réfléchissons aussi à avoir des sources de revenus supplémentaires en proposant un service de séchage d’autres produits, ou en changeant carrément l’utilisation du bâtiment en période creuse et en s’en servant de box.  Pour la gestion du temps, un salarié de la CUMA nous permet d’avoir plus de souplesse, il a aidé pour environ 40 heures. Nous optimisons aussi les étapes du chantier (fauche, fanage…) en travaillant tous ensemble, avec un responsable pour chaque étape. Pour la gestion des problèmes techniques, nous n’hésitons pas à échanger entre nous et aussi à chercher des solutions en dehors de notre groupe. Dans l’ensemble, c’est important, pour gérer le risque, d’être un groupe solide. On partage nos idées, on évite de baisser les bras. »

Qu’est-ce qui donne sa solidité à votre groupe ?

« Nous nous connaissons depuis longtemps, nous avons un bon relationnel et le sens de la solidarité. Nous communiquons beaucoup : c’est facilité par notre proximité géographique (15 km maximum), les réunions planning de la CUMA tous les lundis et notre groupe de messagerie instantanée Whatsapp (nous en avons un 2e pour la CUMA entière). Nous sommes engagés, investis, tout le monde met la main à la pâte. La transparence est très importante, tout le monde est averti dès qu’il y a un événement, un problème, une décision à prendre. C’est la même chose pour toute la CUMA. Nos âges, avec des jeunes et des moins jeunes, n’ont pas été un frein pour faire des projets. »

Mis à part un groupe solide, que faut-il selon toi pour opérer une transition ?

« Il faut absolument avoir des objectifs bien définis. Il faut aussi être convaincu de ce qu’on fait et croire en l’avenir. »

Et pour demain, c’est quoi les projets ?

« L’objectif, à présent, est de rendre le séchoir plus performant, en termes de consommation d’énergie, et de trouver des débouchés en période creuse, pour augmenter les revenus. D’ici 8 ans, le groupe y verra plus clair et aura peut-être d’autres projets ! Le but sera aussi d’assurer la transmission du séchoir à de jeunes installés. »

Chloé LANG 

Article à retrouver dans le Spécial Entraid Loire Atlantique 2020, page 15
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